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Le paludisme est une maladie qui cause chaque année plusieurs centaines de milliers de morts dans les régions tropicales. Cette maladie est causée par la piqure d’un moustique Anopheles infecté par le parasite Plasmodium (falciparum ou vivax).

Précédemment, l’équipe de Magali Frugier (UPR 9002) a mis en évidence que la forme infectieuse du parasite (sporozoïte) est capable d’importer des ARNt exogènes et que cet import implique la participation de la protéine de surface tRip (tRNA import protein). En l’absence de tRip, le développement du parasite est affecté dans le sang de l’hôte vertébré, suggérant que les ARNt de l’hôte affectent la traduction et/ou la régulation de l’expression génique chez Plasmodium.



Les modifications post-transcriptionnelles oranges sont surreprésentées alors que les modifications bleues sont rares dans les ARNt sélectionnés par tRip. Ces modifications sont groupées dans deux zones distinctes de l’ARNt et l’entrée dans le parasite de certains ARNt pourrait être favorisée.

L’objectif de l’article publié dans Nucleic Acids Research, est de comprendre comment les ARNt de l’hôte sont reconnus par tRip et si tous les ARNt sont reconnus avec la même efficacité. Ce travail a été fait en collaboration avec l’équipe du Dr R. Geslain (Charleston, USA) qui a mis au point la technique MIST (Microarray Identification of Shifted tRNAs). Cette technique a permis d’identifier, sans biais de structure ou de séquence, les ARNt sélectionnés par tRip parmi tous les ARNt codés dans le génome humain. Les auteurs ont ainsi montré que tous les ARNt humains ne sont pas reconnus avec la même affinité par tRip, ce qui suggère que certains ARNt seraient importés plus efficacement dans le parasite que d’autres. La spécificité de reconnaissance ne dépend ni de la séquence ni de la structure des ARNt, mais coïncide avec la présence ou l’absence de certaines modifications post-transcriptionnelles des ARNt. Ces résultats constituent une étape essentielle dans la compréhension du rôle biologique des ARNt importés dans le développement du parasite.

A ce jour, l’import d’ARNt exogènes n’a été démontrée que chez Plasmodium et cette singularité fait de ce mécanisme et de tRip des cibles potentielles pour le développement de nouvelles approches antipaludéennes.

Lien publication : https://academic.oup.com/nar/article/49/18/10618/6371376

Contact : Dr Magali Frugier, m.frugier@ibmc-cnrs.unistra.fr

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